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Miki Nitadori

Miki Nitadori est une artiste et curatrice multidisciplinaire japonaise qui travaille sur la base de la photographie. Elle est une enfant de la troisième culture qui a grandi en Asie, dans la communauté américano-japonaise d'Hawaï et en Europe. C'est une migrante. Elle possède un BFA (Bachelor of Fine Arts) spécialisé en peinture, et un certificat professionnel en photographie. Elle a exposé et projeté dans des endroits tels que Museum der Moderne, Salzbourg (Autriche), Honolulu Museum of Arts et Hawai'i State Museum, Hawai'i (États-Unis), Mois de la Photo 2014 à Paris, Asian Arts Initiative, Philadelphie ( USA), Temporary Art Center Eindhoven (Pays-Bas), The International Film Festival, Rotterdam (Pays-Bas), et L'imagerie, Lannion (France). Elle était un membre pionnier du 59 Rue Rivoli, 'Chez Robert Electron Libre' Paris, France. Elle a été membre du collectif Plateforme de 2013 à 2015. Elle vit à Paris et travaille au Le6b à Saint-Denis. Ses œuvres sont représentées par Ibasho, Anvers.

L'Antichambre project  /  Kazuyoshi Usui : Showa Trilogy
Trilogie Showa de Kazuyoshi Usui, repose sur ce postulat : et si l’ère Showa (1926-1989, l’ère de l’empereur Hirohito), pendant laquelle nous sommes nés, n’avait pas fini ?
C’est une fiction / réalité qui ressemble à un vrai Japon qui a pourtant presque disparu ; d’autant que les JO se tiendront ce été au Japon. Les photos de Kazuyoshi ne ne sont pas des fictions narratives pour autant. Ce sont des titres de une que les spectateurs sont invités à réinterpréter suivant leur imagination. Yuki Onodera (qui comme Kazuyoshi et quatre autres photographes avait participé à photography why ? (www.photographywhy.com) avait travaillé sur un thème similaire dans une des séries : Bellow Orpheus. Et si le temps continuait ? Mais elle traite le sujet d’une manière différente. Il n’y a pas de présence humaine physique dans ses photos. Les deux lieux, Madrid et la Nouvelle-Zélande, sont photographiés comme si le spectateur cherchait une personne disparue. Dans le travail de Kazuyoshi, il y a des photographies d’intérieur, montrés en détails —fleurs en plastique, crânes, tapis, vieilles cabines téléphoniques. L’une des photos présentées ici montre une rose en plastique exhibée dans un tokonoma, une alcôve traditionnelle. Cette fleur peut être interprétée comme une métaphore de ce qui est magnifiquement bon marché, indiscutablement fier et éternellement vivant, et cependant si rapidement consumé - un parallèle avec ce qu’ont vécu les gens à l’ère Showa. Les gens qui n’ont pas grandi au Japon peuvent imaginer que ces photos décrivent la vie au Japon, au présent ou au passé : mais le Japon de Kazuyoshi n’est celui dont la plupart des Japonais nés après la guerre ont connu. Ils reconnaissent quelques éléments situés à l’intérieur du cadre mais ce n’est pas l’ère Showa dont ils ont été témoins autrement que par des vieux films des années 70 et quelques programmes télé des années 80.Le travail de Kazuyoshi est plein de ces contradictions qui sont très réelles dans le contexte de la vraie vie.
.../... texte de Miki Nitadori
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Kazuyoshi Usui

Né à Tokyo en 1975. Après avoir obtenu son diplôme du département de photographie à la Japan Polytechnic University de Tokyo en 1998, il intègre la Hakuhodo Photo Creative Co., Ltd. (maintenant Hakuhodo Products), puis devient photographe indépendant en 2013. Il a exposé ses œuvres à l’exposition In&Out au Musée métropolitain de la photographie de Tokyo (2003), exposition JAPON au Centre d'art contemporain Maymac, France (2014), exposition Regards Croisés Japon-Provence à en France (2015). Il participe à de nombreux événements et salons artistiques au Japon et à l’étranger, tels que les Gelatin Silver Session (2015, 2017). Lauréat des Prix APA 2006 2011 dans la catégorie travail publicitaire, il publie notamment Macaroni Christian (Art Publishing House) et Showa 88, Showa 92, Showa 96 (chez ZEN FOTO GALLERY). Showa 92 a été nominé pour le 41e Prix Kimura Ihei. En 2015, sort son premier film, Dalai Lama XIV, réalisé en plans serrés pendant six ans. Il a été projeté partout au Japon, à commencer par Shibuya Eurospace.

 

Le travail de Kazuyoshi Usui recrée intentionnellement des cadrages imparfaits. Il mélange des éléments dont la coexistence semble impossible. Le spectateur se demande si l’image représente la réalité ou une mise en scène. Il crée des fictions tragi-comiques et illusoires qui se présentent comme des récits mais qui ressemblent plutôt à des légendes que les spectateurs peuvent choisir pour créer l’histoire qui se développe dans les interstices des photographies. Usui voulait à l’origine devenir cinéaste mais s’est dirigé vers la photographie dès qu’il a commencé à la pratiquer.